28 avril 2026 — Interview client.e
Coach, superviseur professionnel et psychopraticienne
Je m’appelle Claire Chesneau. Je suis coach, superviseur professionnel et psychopraticienne. J’ai travaillé une quinzaine d’années en entreprise, notamment comme responsable du développement RH.
Depuis environ 17 ans, j’accompagne des professionnels — principalement des managers et des dirigeants. Et depuis 4 à 5 ans, j’accompagne aussi des particuliers en psychothérapie, dans des phases de développement personnel. Je travaille avec une approche de psychothérapie intégrative et relationnelle. L’idée, c’est d’accompagner l’intégration des différentes parties de la personne — celles qui ont pu être abîmées ou mises de côté — en s’appuyant sur la relation thérapeutique.
Actantiel, c’est l’art d’accompagner pour développer et fluidifier une trajectoire.
Le terme vient de la narratologie, qui permet de comprendre la structure d’un récit. Et finalement, ça permet aussi aux personnes de mieux comprendre leur propre structure — professionnelle et personnelle — pour construire une trajectoire durable, cohérente et enthousiasmante.
Non, pas du tout.
Je fais principalement du coaching individuel et d’équipe, de la supervision managériale — donc de l’échange de pratiques et de l'accompagnement autour de la pratique professionnelle — ainsi que des accompagnements sur le leadership. Je fais aussi ponctuellement des évaluations de compétences managériales et leadership, des missions liées à la santé au travail : accompagnement sur de l’épuisement professionnel, retour au travail après un arrêt longue durée...
Côté psychothérapie, j’accompagne des périodes de vie plus difficiles, d'étapes de vie, avec des suivis qui peuvent aller de quelques mois à plusieurs années. Ce ne sont pas des thérapies longues type psychanalyse, mais ce ne sont pas non plus des thérapies “brèves”. J'accompagne aussi avec l'approche systémique, où la, on peut être sur des accompagnements un peu plus courts.
L’approche systémique, a été théorisée par Gregory Bateson. Elle consiste à prendre en compte la personne dans son environnement, dans son écosystème : relationnel, familial, fonctionnel. On va regarder ces différentes parties du système pour intervenir au bon endroit, car le symptôme ne révèle pas ce qu'il faut forcément traiter mais plutôt, quelle est la relation qui est dysfonctionnelle. Et donc d'aller ensuite là où l'intervention serait la plus efficace pour faire bouger le système.
Pour moi, un thérapeute n’est pas là pour donner des conseils ni pour juger.
C’est quelqu’un qui permet à la personne de se reconnecter à elle-même, de trouver ses ressources, et de se stabiliser de manière durable. C’est presque une forme d’accouchement de soi-même, dans un cadre sécurisé.
Oui, très souvent. Cela touche les questions de place : celle que l’on prend, celle que l'on ne prend pas, celle qu’on nous attribue. C’est particulièrement présent chez des femmes qui ont beaucoup donné — à leur famille notamment — et qui, se sont souvent sacrifiées, oubliées, pour pouvoir gérer un quotidien, une vie de famille, et à un moment, se demandent de manière très existentielle : " Et moi, maintenant, je fais quoi ? Vers où j'ai envie d'aller ? De quoi je ne veux plus ? Comment je veux réinvestir ? Finalement cette vie qui m'appartient sur les 10, 15 prochaines années. ”
On retrouve souvent ces questionnements autour du milieu de vie, entre 38 et 45 ans. Ce sont des périodes de crise, mais au sens constructif : elles ouvrent des possibles.
Je suis assez engagée dans une approche préventive. On entretient nos voitures avant qu’elles tombent en panne. On pourrait faire pareil avec notre santé mentale. Être accompagné en amont permet d’éviter des réactions impulsives, de la culpabilité, ou des situations de rupture.
Le déclic, c’est quand j’étais salariée dans un cabinet de conseil en management. Je ne me reconnaissais plus dans le cadre ni dans les valeurs. Un client m’a dit : “Pourquoi vous ne montez pas votre boîte ? Nous, on vous suit.” Je n’y avais jamais pensé. Et ça a été une vraie prise de conscience.
Je me suis lancée progressivement. Beaucoup de clients - avec qui j'avais tissé une relation d'une très grande qualité - m’ont suivie. J'ai eu grâce à cela avec de nouveaux clients, ça a permis de construire la suite. Aujourd’hui, ça fait plus de 10 ans que je suis installée.
La promesse d'Actantiel, c'est de sécuriser évolutions et les trajectoires professionnelles, renforcer les compétences de leadership, et faire émerger un leadership plus conscient, mobilisateur et durable.
L’éthique. C’est ce qui me fait refuser certaines missions. Par exemple :
Je suis propriétaire de mes modalités de travail, responsable de mon cadre, de mon temps et de mon processus.
Le niveau de conscience, la qualité relationnelle et le niveau d’engagement. Même un petit déplacement peut avoir un impact large, parce qu’une personne influence d’autres personnes. Il y a un effet de diffusion. C'est un effet de fertilisation croisée.
De concilier, coordonner tous les rôles : production, commercial, gestion, direction.
Aujourd’hui, je suis mieux entourée, notamment sur la partie comptable, et ça change beaucoup de choses.
Alors, Est-ce que ça va continuer, est-ce que je vais avoir de nouveaux clients ? Récemment par exemple, c'était lié à la conjoncture. Certaines missions sont perçues comme non prioritaires par les entreprises, donc reportées. Ça crée des variations importantes dans l’activité.
C'est quand j'étais RH au sein d'une entreprise. J'ai accepté une mission mal cadrée et rencontré individuellement toute l'équipe en conflit, avant de voir le manager. Résultat : il y avait un biais immédiat et une situation impossible à rattraper. Ça m’a appris à poser mon cadre et à refuser certaines configurations.
Faire confiance au vide. Quand il n’y a rien, ça veut dire qu’il y a de la place pour autre chose. Et surtout : rester disponible, ouverte, engagée — même avant la signature d’un contrat. Toujours montrer qui l'on est, incarner ce que l'on propose.
La respiration m'aide beaucoup à me réancrer. Et un bon café.
Par le corps. J'aurais pu dire de moi que je n'étais pas quelqu'un d'ambitieux et d'ailleurs l'ambition que je nourris aujourd'hui est plus une ambition qualitative qu'une ambition quantitative. Mais j'ai une ambition aujourd'hui à l'exigence, à l'impact. Ça fait quelques années que je fais de la course à pied, du renforcement musculaire. Je ne me suis jamais sentie aussi en forme de ma vie grâce à ça. Mon corps est puissant, il a de l'énergie et j'entretiens cette énergie. Mon énergie psychique vient de là aussi.
J'ai aussi cet équilibre grâce à des lectures, des échanges, des rencontres avec des gens inspirants. Ça me nourrit.
Mon lieu de travail. Je vois la Sèvre, des arbres, des oiseaux... c'est fantastique !
La nature, l'art. Il y a des grandes figures qui m'inspirent mais sur différents domaines. Et aussi des personnes dans mon entourage professionnel. Ça peut être les superviseurs avec qui je suis en contact par exemple. Ma propre thérapeute aussi qui m'inspire beaucoup. Et… mon chat, pour sa capacité à se poser et à se reposer ahah.
Mais ça peut être aussi des gens du monde public, des grandes figures qui ont marqué des époques, des tournants pour des causes ou des combats qu'elles ont défendu. Ça peut être des créateurs... J'ai accompagné une fois une artiste céramiste qui m'inspire beaucoup parce que elle est à la fois dans la simplicité, la créativité, une colorimétrie très développée. Je trouve ça exceptionnel qu'elle arrive a ouvrir la palette des couleurs autant qu'elle le fait.
La plénitude. L'élévation de la conscience et le côté vraiment plein au sens complet, c'est-à-dire entier, authentique.
C'est venu assez vite ! J’avais besoin d’exister professionnellement, avec une identité claire.
Je savais que je ne pouvais pas la gérer moi même, j'étais très au clair sur le fait que ce n'était pas mes compétences.
Je suis reconnaissable professionnellement. C’est une signature, professionnelle, cohérente. Tout est charté, mes contrats, mes documents de présentations en plus de mon site web. Qui me ressemble : extrêmement épuré et qui représente une structure solide. Mon logo est très très juste.
Des formats courts, impactants, pour présenter mes offres. Par exemple, pour la supervision professionnelle, j’ai créé un support recto-verso clair et synthétique, que j’envoie à mes clients.Ce n’est pas un prospectus, mais un document qui explique l’offre et donne envie d’échanger.
Dans 5 ans, j’aimerais qu’elle soit toujours reconnue pour ce qu’elle fait bien : une prestation à la fois exigeante et motivante, autour de l’accompagnement du leadership, de la santé au travail et de la supervision. J’aimerais qu’elle soit encore davantage reconnue pour la supervision de coachs et de personnes qui accompagnent. C’est vraiment un axe que j’ai envie de développer car il y a un effet démultiplicateur très fort : j’accompagne des personnes qui accompagnent à leur tour. Dans 5 ans, j’aimerais être reconnue pour cette qualité-là.
Ce serait de croire en sa capacité à mener à bien son projet, et se donner les moyens de le faire. Il y a une phrase de Saint-Exupéry que j’ai toujours en tête : “Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.” L’idée essentielle n’est pas simplement de penser à l’avenir, mais de commencer à le préparer concrètement. Ce n’est pas se projeter dans dix ans de manière abstraite, mais plutôt mettre dès aujourd’hui des choses qui vont permettre de réaliser ce que l’on veut.
C’est vraiment ma ligne directrice. Rendre possible, action après action. Se concentrer sur ce qui est concret, sur ce qui est à ma portée, sur ce que je peux activer dès maintenant. Parce que quand on regarde un objectif dans son ensemble, ça peut faire peur. On peut même avoir l’impression de ne pas encore avoir les compétences. Mais elles se construisent avec le temps.
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